Adulte qui veut dessiner : trois vérités qu’on ne dit jamais
Bienvenue sur Dessiner Ensemble ! Je suis ravie de vous accueillir dans cet espace pour apprendre à dessiner quelque soit votre niveau. Pour vous remercier de votre visite, je vous offre un challenge de 5 jours pour booster votre créativité tout en maîtrisant les bases du dessin.
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# Adulte qui veut dessiner : trois vérités qu’on ne dit jamais
Annoncer qu’on veut se mettre au dessin à quarante ans, c’est s’exposer à un sourire poli. Parfois à un *« toi tu as toujours su dessiner, non ? »*. Plus rarement à un encouragement direct. La pratique du dessin pour adultes traîne quelques mythes tenaces.
Ce qu’on ne dit jamais à un adulte qui veut dessiner, c’est ce qui se passe vraiment dans les six premières semaines. Pas la promesse vague de « vous allez vous révéler ». Le concret : ce que la main fait, ce que le regard apprend, ce que la tête refuse au départ.
Voici trois vérités simples, observées au fil de plus de vingt ans d’enseignement aux enfants et aux adultes. Aucune n’est spectaculaire. Toutes les trois changent la manière de commencer.
Le moment où un adulte reprend le crayon ressemble rarement à ce qu’on imagine.
Vérité n.1 : le geste revient en quelques semaines
Premier réflexe quand on reprend le crayon : « je n’arrive plus à tenir un crayon comme avant ». Inexact. On tient un stylo tous les jours pour signer, prendre des notes, remplir un chèque. La coordination main-œil n’a pas disparu — elle est endormie.
Trois à six semaines de pratique régulière (dix minutes par jour) suffisent à la réveiller. Au-delà de ce délai, ce qui freine n’est plus technique. C’est plus interne : la permission intérieure de dessiner mal au départ.
À cette étape, le matériel n’a pas d’importance. Un crayon HB, un carnet A5 cousu, c’est largement suffisant. La cinquième semaine, on reconnaît son geste. La douzième, on a un trait identifiable.
Un carnet A5, un crayon HB. Le matériel sophistiqué n’a aucune utilité les premières semaines.
Vérité n.2 : vos premiers dessins seront ratés
C’est la vérité la moins agréable. Aucune méthode n’y échappe.
Pendant quatre à six semaines, ce qu’on pose sur le papier ne ressemble pas à ce qu’on voit dans sa tête. Le dessin sera plus petit que prévu, les proportions glisseront, les ombres ne tomberont pas là où il faut. C’est un passage obligatoire.
Hokusai, dans la postface de sa Manga, écrivait qu’à soixante-treize ans il avait commencé à comprendre un peu la structure des choses. Quentin Blake, à quatre-vingts ans passés, parlait encore de ses dessins comme de tentatives permanentes, jamais figées. Le raté fait partie du geste. Ce qui distingue ceux qui restent de ceux qui abandonnent, c’est l’acceptation de cette zone d’inconfort — pas le talent.
Le carnet honnête
Une règle simple : ne pas arracher les pages ratées. Garder le carnet dans son état brut, ratures comprises. Trois mois plus tard, en feuilletant, on voit le chemin parcouru. C’est la fonction la moins évidente du carnet : un document de progression, pas une galerie d’exposition.
Vérité n.3 : le don n’existe pas comme on le pense
Le mot don est une fiction utile. Il sert à expliquer pourquoi certains dessinent mieux, apparemment sans effort. La réalité est plus prosaïque : ils ont commencé tôt, dessiné beaucoup, persisté longtemps.
Ce qu’on appelle don se décompose en trois choses concrètes :
Exposition précoce : avoir tenu un crayon dès cinq ans, dans un environnement qui n’a rien interdit.
Motivation intrinsèque : trouver dans le dessin lui-même une récompense suffisante pour y revenir.
Persistance : continuer après l’échec du sixième dessin, du douzième, du centième.
Aucun de ces trois leviers n’est génétique. Tous se cultivent à l’âge adulte — différemment qu’à six ans, mais tout aussi efficacement. C’est même l’avantage de l’adulte : il sait pourquoi il dessine. L’enfant fait ; l’adulte choisit.
Ce qu’on appelle don se nomme plus précisément exposition précoce, motivation, persistance.
Comment commencer concrètement, dès aujourd’hui
Pas de programme complexe. Trois choses simples, répétées.
Dix minutes par jour, pas plus
Ne visez pas la séance d’une heure. Visez dix minutes. Tous les jours, ou cinq jours sur sept. Au café du matin, dans une salle d’attente, en début de soirée. La régularité bat l’intensité.
Toujours le même carnet
Un seul carnet, pas trois. Un format A5 cousu, papier 90-100 g/m², neutre. La continuité matérielle compte autant que la continuité temporelle.
Un sujet par séance, observé
Ne dessinez pas « un arbre » en général. Dessinez l’arbre devant la fenêtre. Dix minutes. Demain, le même. Après-demain, un autre. Le sujet observé est plus formateur que le sujet imaginé, surtout les premiers mois.
Tenir au-delà des premières semaines
La méthode Dessiner Ensemble accompagne les adultes débutants — étape par étape, dix minutes par jour, sans pression et sans présupposer de talent. Trois cours sont disponibles aujourd’hui : le trait, le volume, les arbres. L’autorisation de prendre place sur la page est ce que peu de méthodes osent rendre.
Pourquoi un adulte aurait-il besoin de redessiner ?
On peut redessiner pour le plaisir simple du geste. Pour comprendre, en posant le trait, ce qu’on n’arrivait pas à formuler avec les mots. Pour ralentir une journée qui défile sans qu’on s’en souvienne.
Aucune de ces raisons n’est plus juste qu’une autre. Elles cohabitent dans chaque carnet d’adulte qui reprend la pratique à trente, quarante, soixante ans.
Ce qui les relie, c’est une intuition : le dessin n’est pas une production — c’est une présence. Une manière d’occuper dix minutes de sa journée autrement qu’en faisant défiler un écran. Ce qui se passe dans l’œil et la main pendant ces dix minutes change la qualité d’attention de tout ce qui suit.
Reste une question avant le premier trait : qu’est-ce que vous, vous voulez voir vraiment ? La réponse décidera du carnet, de l’heure, du sujet, du rythme.
📍 Point de repère
Pas besoin d’être spécialiste pour s’appuyer sur des esprits qui ont réfléchi à ces questions avant nous. Trois références solides, au plus près du propos.
Hokusai — à soixante-treize ans, il écrivait dans la postface de sa Manga qu’il commençait à peine à comprendre un peu la structure des choses. La maîtrise vient de la persévérance, pas du don. → Hokusai Manga (postface, v. 1814-1878).
K. Anders Ericsson — ses recherches sur la « pratique délibérée » montrent que l’expertise s’explique par la qualité et la régularité de l’entraînement, non par un talent inné. → Peak (2016).
Quentin Blake — illustrateur de renom, il décrivait le dessin comme une tentative permanente, jamais figée, toujours en chemin.
Quel âge est le bon pour commencer le dessin ? N’importe lequel. Les neurosciences ont définitivement enterré le mythe d’une fenêtre fermée à l’âge adulte. La plasticité neuronale liée à la coordination main-œil reste accessible à 30, 50 ou 70 ans. Ce qui change, c’est le rythme d’acquisition — plus lent qu’à six ans, plus réfléchi aussi.
Combien de temps avant de progresser visiblement ? Trois à six semaines pour la coordination, six mois pour un trait identifiable, un à deux ans pour un style personnel. Ces fourchettes valent pour dix minutes par jour. La progression est rapide au départ, puis se lisse.
Faut-il prendre des cours ou peut-on apprendre seul ? Les deux fonctionnent, mais pas pour la même chose. Seul, on progresse en autonomie mais on accumule des erreurs invisibles à soi-même. Avec un cadre méthodique, on gagne du temps et on évite les blocages classiques. La méthode Dessiner Ensemble est conçue pour donner ce cadre sans la rigidité d’un cours en présentiel.
Raphaël IbarraArchitecte et illustrateur, fondateur de Dessiner Ensemble
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